Essai en cinq parties · Livraison V sur V

Synthèse et appareil critique

Fils conducteurs, tableaux consolidés, bibliographie

Quatre livraisons ont accumulé des faits. Celle-ci cherche ce qui les traverse — et propose une architecture pour n'avoir pas à tout dire.

OuvertureCe que le parcours a produit

Le dossier partait d'une commande en quinze points allant du général au spécifique. Il en ressort une structure que le plan initial n'annonçait pas : non pas un entonnoir, mais une série de retours. Les mêmes mécanismes réapparaissent à des millénaires d'écart et sur des continents différents, et c'est cette récurrence, plutôt que la chronologie, qui offre la meilleure matière pédagogique.

Six fils traversent l'ensemble. Aucun n'était prévu ; tous sont apparus en cours de rédaction, et chacun peut servir de colonne vertébrale à une séance qui renoncerait à la couverture exhaustive.

§ § §

Section seizeLes six fils conducteurs

Fil premier

Un chiffre sans son corpus ne veut rien dire

C'est le fil le plus insistant, parce qu'il a fallu le poser à chaque livraison. « Environ 7 000 langues » dépend de ce qu'on décide d'appeler une langue. « 80 % du lexique français vient du latin » additionne de l'héritage et de l'emprunt, deux choses de nature différente. « L'arabe a donné 250 mots » ou 528 selon qu'on retient le vocabulaire usuel ou le stock lexicographique. « Un tiers de l'anglais vient du français » ou les deux tiers selon qu'on compte le dictionnaire ou le texte courant.

Aucun de ces écarts n'est un désaccord factuel : chacun résulte d'une décision méthodologique explicitable. Le réflexe à installer chez des étudiants de deuxième année n'est donc pas la méfiance envers les chiffres, mais la question qui les rend intelligibles : compté sur quoi ?

Où — I·4 (nombre de langues) · II·6 (le latin) · II·8 (les strates) · IV·15 (le français en anglais)
Fil deuxième

L'emprunt enregistre une asymétrie, non un contact

C'est la loi la plus générale que le dossier ait dégagée, et elle a été énoncée deux fois indépendamment, à mille ans d'écart. Le français québécois emprunte très peu aux langues autochtones malgré quatre siècles de contact intime — parce que le flux lexical suit le différentiel de prestige, non l'intensité de la relation. L'anglais emprunte massivement au français après 1066 — pour la même raison, en sens inverse.

Le corollaire est vérifiable partout : le champ sémantique des emprunts dessine la nature du rapport. Le gaulois ne lègue que le vocabulaire du sol, parce que seuls les cultivateurs ont continué. Le francique lègue la guerre, l'organisation sociale et les couleurs — un contact intime, non commercial. Le norrois ne lègue que la mer. Et ox/beef conserve, dans l'anglais le plus quotidien, qui élevait les bêtes et qui les mangeait.

Où — II·8 (gaulois, francique, norrois) · III·10·5 (l'énigme du peu) · IV·15 (le doublet germanique/roman)
Fil troisième

La saillance n'est pas la fréquence

Un biais cognitif récurrent fausse toutes les perceptions linguistiques ordinaires : ce qui frappe l'oreille est surestimé, ce qui passe inaperçu est ignoré — et c'est le second qui transforme réellement une langue.

Les anglicismes visibles du français québécois sont moins nombreux que ceux du français hexagonal ; ce sont les calques et les emprunts sémantiques, invisibles, qui font le travail. Les emprunts au créole et à l'arabe dans le parler des jeunes Montréalais frappent l'oreille et sont, selon les linguistes qui les étudient, bien moins nombreux que l'impression qu'ils produisent. Symétriquement, personne ne perçoit comme étrangers les 3 776 mots grecs du français.

Conséquence politique, qui vaut d'être formulée : une politique linguistique qui vise ce qui se voit rate ce qui agit.

Où — II·7 (l'invisibilité du grec) · III·10·2 (les trois régimes de l'anglicisme) · III·11 (le correctif de Charette-Pépin)
Fil quatrième

Une langue se perd par rupture de transmission, non par emprunt

Claude Hagège situe à environ 15 % du lexique le seuil au-delà duquel l'intégrité d'une langue serait menacée. L'anglais, dont les deux tiers du lexique sont romans, n'a jamais été en danger — parce qu'il a plié ses emprunts à sa grammaire et à sa phonologie.

Ce que l'étude de Bromham et de son équipe identifie comme facteurs de disparition n'est jamais l'emprunt : c'est la rupture de la transmission intergénérationnelle, et ses causes sont démographiques, économiques et scolaires. Le contact avec d'autres langues n'est pas, en soi, un moteur d'extinction.

Le dossier énonce donc la même loi à deux échelles : le créole haïtien est une langue autonome vivante malgré un lexique presque intégralement français ; les langues autochtones du Québec sont menacées bien qu'elles n'aient presque rien emprunté. Ce n'est pas le vocabulaire qui décide.

Où — I·4·3 (Bromham, les causes) · II·8 (le seuil de Hagège) · IV·13 (les créoles) · IV·15 (conclusion)
Fil cinquième

La langue réceptrice segmente selon sa propre grammaire

Fil plus technique, mais d'une élégance qui porte en classe. Un emprunt n'est pas une copie : c'est une analyse. Le français a intégré l'article arabe al- sans le reconnaître comme article — alcool, algèbre, almanach portent un déterminant fossilisé, et le français dit littéralement « le l'alcool ». Le créole haïtien a fait exactement la même chose avec l'article français : dlo vient de de l'eau, zwazo de les oiseaux, lakay de la case.

Et l'usage français a régularisé inuit, pluriel inuktitut, en un singulier suivi d'un « s ». Chaque fois, la langue d'accueil impose sa segmentation à un matériau qu'elle ne comprend pas. C'est la meilleure démonstration disponible que l'emprunt est un acte grammatical, non un transfert.

Où — II·8 (l'arabe) · III·10·3 (inuit) · IV·13 (l'article agglutiné en créole)
Fil sixième

Qui décide de ce qu'une langue doit être ?

C'est le fil qui referme le dossier, et le seul auquel la linguistique ne peut pas répondre seule.

La querelle du joual opposait deux stratégies devant un même diagnostic : effacer la marque de la domination, ou la brandir. Elle s'est éteinte en se déplaçant de la qualité vers le statut. Le débat sur la norme endogène québécoise en est l'héritier direct, et il n'est pas tranché. Et si deux francophones sur trois vivent aujourd'hui en Afrique — neuf sur dix en 2050 —, la même question se pose à l'échelle mondiale : une norme dont les locuteurs majoritaires sont exclus est-elle tenable ?

Le dossier commence par une question à laquelle la science ne peut pas répondre — l'origine du langage — et se termine par une question à laquelle elle ne doit pas répondre seule. Entre les deux se déploie tout ce que la linguistique établit effectivement. Cette double borne me paraît la leçon la plus durable qu'un étudiant puisse emporter.

Où — I·1 (les limites du dicible) · III·coda (le joual, la norme) · IV·12 (le basculement africain)
§ § §

Section dix-septTrois architectures possibles pour la séance

Le dossier couvre bien plus qu'une séance ne peut porter. Voici trois découpages, selon ce que tu veux que les étudiants emportent. Ils ne sont pas équivalents : chacun sacrifie quelque chose.

Tableau 13 · Trois architectures
 A · ChronologiqueB · Par problèmeC · Par renversement
PrincipeDu proto-indo-européen au français montréalais, dans l'ordreTrois questions vives, chacune traitée sur toute la profondeur historiquePartir du plus proche — le parler des étudiants — et remonter
ProgressionI → II → III → IVFils 1, 2 et 6III → II → I, puis IV
ForceLisible, cumulatif, facile à réviserFait travailler le raisonnement plutôt que la mémoireMotivation immédiate ; les étudiants sont l'objet du cours
FaiblesseRisque de catalogue ; la fin arrive essouffléeExige des étudiants qu'ils tolèrent l'incertitudeLa chronologie devient difficile à installer
Convient siC'est leur premier cours d'histoire de la langueIls ont déjà des bases et tu veux les faire penserLe groupe est peu motivé ou hétérogène

Le développement de l'architecture B, si elle te tente

C'est celle que je défendrais, parce qu'elle est la seule des trois où les étudiants apprennent une méthode et pas seulement des faits.

Trois exercices qui fonctionnent
À insérer selon l'architecture retenue

La comparaison de masse. Distribuer deux listes de vocabulaire de base de langues sans parenté et demander de trouver des ressemblances. Ils en trouveront. On explique ensuite pourquoi la méthode de Greenberg produit mécaniquement des résultats positifs — et pourquoi la régularité des correspondances est le seul critère. Cinq minutes, et la vaccination contre la vulgarisation étymologique est faite.

La phrase créole. Écrire « M ap achte diri nan lari a » et demander une traduction. La moitié de la classe reconnaîtra les matériaux français sans comprendre la phrase. On en tire la distinction lexique/grammaire, et l'idée que le créole n'est pas du mauvais français.

Les trois lectures d'un énoncé. Soumettre « Il était supposé venir à matin » aux trois grilles — descriptive, normative exogène, normative endogène — et faire constater qu'elles produisent trois analyses différentes du même énoncé, dont une seule distingue les niveaux.

§ § §

Section dix-huitChronologie générale

À projeter ou distribuer. Les dates antérieures au IIIe millénaire sont des estimations débattues ; celles postérieures au XVIe siècle sont fermes.

De la faculté de langage au rapport de 2026
~135 000 av. J.-C.
Borne inférieure inférée pour la capacité linguistique d'Homo sapiens. Estimation contestée.
~4500–3500 av. J.-C.
Population Caucase–Bas-Volga ; foyer probable de l'indo-anatolien. Le noyau indo-européen se forme dans la steppe nord-pontique.
~1900 av. J.-C.
Écriture proto-sinaïtique : le principe acrophonique.
~1050 av. J.-C.
Alphabet phénicien — 22 consonnes.
~800 av. J.-C.
Adaptation grecque : invention des voyelles. Premier alphabet complet.
~VIIe s. av. J.-C.
Transmission aux Romains via l'étrusque.
58–51 av. J.-C.
Conquête de la Gaule. Le latin s'installe ; environ 147 mots gaulois y survivront.
Ve siècle
Installation des Francs. Germanisation du roman septentrional : 368 mots subsistants, le h aspiré, l'accent tonique.
842
Serments de Strasbourg — premier texte en roman.
911
Duché de Normandie. Le norrois disparaît en deux générations, laissant 78 mots maritimes.
1066
Hastings. Le français devient langue de la cour d'Angleterre pour trois siècles.
1455
Procès des Coquillards de Dijon — premier corpus d'argot français attesté.
1494–1559
Guerres d'Italie. Environ 8 000 italianismes entrent en français ; 10 % survivront.
1529
Geoffroy Tory introduit la cédille.
1539
Ordonnance de Villers-Cotterêts : le français langue du droit.
1578
Henri Estienne, Deux dialogues du nouveau langage françois italianizé — la première panique lexicale documentée.
1608–1663
Peuplement de la Nouvelle-France. 71,5 % des colons d'origine urbaine ou semi-urbaine.
1663–1673
Les Filles du Roi — environ 900 femmes.
XVIIe siècle
Formation des créoles à base française aux Antilles et dans l'océan Indien.
1763
Traité de Paris. Début du contact prolongé français-anglais au Québec.
1879
Saussure postule les coefficients sonantiques ; confirmés par le hittite en 1927.
1880
Onésime Reclus forge le mot francophonie.
1919
Traité de Versailles rédigé en français et en anglais — fin du monopole diplomatique français.
1959–1960
Laurendeau emploie joual ; Les insolences du Frère Untel, 100 000 exemplaires.
1961
Création de l'Office de la langue française.
1968
Les Belles-Sœurs. Crise scolaire de Saint-Léonard.
1970
Convention de Niamey — l'initiative vient de Senghor, Bourguiba et Diori.
1977
Charte de la langue française. Le débat passe de la qualité au statut.
1987
Le créole devient langue officielle d'Haïti.
1992
Krauss annonce la disparition de 90 % des langues d'ici 2100.
2022
Bromham et al. : 1 500 langues pourraient cesser d'être parlées d'ici 2100.
2025
Lazaridis et al. identifient la population Caucase–Bas-Volga.
16 mars 2026
Rapport OIF : 396 millions de francophones, 65 % en Afrique.
§ § §

Section dix-neufTableaux consolidés

Les grandes familles de langues

Version resserrée du tableau 2 de la livraison I, limitée aux familles utiles à une séance sur le français. Les effectifs sont des ordres de grandeur.

Tableau 14 · Familles de langues — version de travail
FamilleLanguesLocuteursMembres notablesStatut
Indo-européenne4403,4 Gfrançais, anglais, hindi, russe, persanÉtablie
Sino-tibétaine4501,4 Gmandarin, cantonais, tibétain, birmanÉtablie
Atlantique-Congo~1 450600 Mswahili, yoruba, igbo, wolof« Niger-Congo » contesté comme unité
Afro-asiatique380600 Marabe, hébreu, amharique, berbèreÉtablie
Austronésienne1 250400 Mindonésien, tagalog, malgache, maoriÉtablie — le « polynésien » en est un sous-groupe
Ouralienne3825 Mfinnois, estonien, hongrois, sameÉtablie
Turcique40200 Mturc, ouzbek, kazakhÉtablie — « altaïque » et « ouralo-altaïque » non démontrés
Algique40–45200 000cri, ojibwé, innu-aimun, mi'kmaqÉtablie
Iroquoienne10–1225 000mohawk, cherokee, wendatÉtablie
Eskimo-aléoute11100 000inuktitut, groenlandais, yupikÉtablie
Familles du Caucase4011 Mgéorgien, tchétchène, abkhazeTrois familles distinctes, non une
Amériques——quechua, maya, nahuatl, tupi…Plus de 150 familles indépendantes

Les strates lexicales du français

Version consolidée du tableau 5. Relevé sur Le Petit Robert électronique 2010, 60 000 entrées, 10 931 emprunts recensés. Le latin figure à part, son cas étant mixte.

Tableau 15 · Strates lexicales du français — version de travail
SourceMots%ÉpoqueDomaines
Fonds latin — hors décompte des emprunts
Latin, voie héréditaire—~50 % des 1 000 mots les plus fréquentsIer–IXe s.Vocabulaire de base
Latin, voie savante~14 50019,8 % du lexiqueXIVe s. →Droit, religion, sciences, abstraction
Emprunts — sur 10 931 mots
Grec ancien3 77634,5 %Antiquité → aujourd'huiSciences, médecine, philosophie, politique
Anglais2 51022,9 %XVIIIe s. →Sport, technique, commerce, numérique
Italien1 19810,9 %XVIe s.Arts, musique, guerre, finance
Allemand5985,4 %XVIe–XIXe s.Guerre, faune, minéralogie
Arabe + afro-asiatiques5284,8 %Xe–XVe, puis XXe s.Sciences, mathématiques, textiles
Espagnol4614,2 %XVIe–XVIIe s.Nouveau Monde, marine
Francique3683,3 %Ve–IXe s.Guerre, société, couleurs
Néerlandais2492,2 %XIVe–XVIIIe s.Marine, digues, commerce
Gaulois1471,3 %Via le latinAgriculture, terroir
Amérindiennes1351,2 %XVIe s. →Faune, flore, realia
Norrois (via normand)780,7 %IXe–Xe s.Marine, pêche
Pour mémoire — décompte concurrent
Henriette Walter, sur 35 000 mots usuels : 4 192 d'origine étrangère, dont 25 % d'anglais, 16 % d'italien, 13 % de germanique, 6,5 % d'arabe. Corpus différent, résultats différents — voir le fil premier.
§ § §

Section vingtCe que le dossier ne couvre pas

Inventaire consolidé des manques signalés en postface de chaque livraison. Il vaut mieux les connaître avant de construire la séance qu'après.

Manques structurels

La phonétique historique est le plus grave. Les lois d'évolution du latin au français — palatalisation, chute des atones, diphtongaison des toniques libres — sont le cœur de la discipline, et le dossier les contourne. Les doublets y sont constatés plutôt qu'expliqués. Si tu ne devais combler qu'un manque, ce serait celui-là.

Les français d'Afrique ne sont traités nulle part comme variétés, alors qu'ils sont désormais majoritaires. Le nouchi d'Abidjan, le français camerounais et ivoirien feraient un pendant naturel au chapitre québécois, et leur absence déséquilibre l'ensemble.

Le français acadien et les variétés hors Québec sont absents ; la comparaison éclairerait la question des origines.

La diglossie n'est jamais définie, alors que le concept de Ferguson est indispensable pour Haïti et pour l'Afrique francophone.

L'insécurité linguistique comme phénomène de longue durée — documentée par Chantal Bouchard sur un siècle — manque à la coda sur le joual, qui gagnerait à montrer que la dévalorisation ne commence pas en 1959.

Vérifications à effectuer avant projection

Tableau 7 (emprunts autochtones) : plusieurs attributions sont génériques ou probables. À recouper dans le Dictionnaire historique du français québécois et la base du TLFQ.

Tableau 8 (toponymie) : les significations sont des reconstructions à partir de graphies déformées. À recouper dans la Banque de noms de lieux de la Commission de toponymie.

Tableau 10 (États francophones) : liste indicative, décompte non vérifié. À contrôler sur francophonie.org.

Effectifs de locuteurs des tableaux 11 et 14 : ordres de grandeur repris de sources secondaires, marge d'erreur estimée à ±20 %.

Date du billet de Laurendeau (1959) : varie selon les sources. À vérifier dans les archives du Devoir.

Bibliographie générale

Les titres marqués ◆ constituent le noyau minimal si tu ne devais en retenir que quelques-uns.

Origines du langage et méthode comparative

◆ Campbell, L. (2013). Historical Linguistics: An Introduction, 3e éd. Édimbourg, Edinburgh University Press.

Nichols, J. (1992). Linguistic Diversity in Space and Time. Chicago, University of Chicago Press.

Berwick, R. & Chomsky, N. (2016). Why Only Us: Language and Evolution. Cambridge, MIT Press.

Dediu, D. & Levinson, S. (2013). « On the antiquity of language ». Frontiers in Psychology, 4, 397.

Miyagawa, S. et al. (2025). « Linguistic capacity was present in the Homo sapiens population 135 thousand years ago ». Frontiers in Psychology, 16.

Pinker, S. & Bloom, P. (1990). « Natural language and natural selection ». Behavioral and Brain Sciences, 13(4).

Atkinson, E. et al. (2018). « No evidence for recent selection at FOXP2 ». Cell, 174(6).

Ruhlen, M. (1994). The Origin of Language. New York, Wiley. [à lire critiquement]

Pagel, M. et al. (2013). « Ultraconserved words point to deep language ancestry across Eurasia ». PNAS, 110(21).

Indo-européen

◆ Anthony, D. (2007). The Horse, the Wheel, and Language. Princeton, Princeton University Press.

Mallory, J. P. (1989). In Search of the Indo-Europeans. Londres, Thames & Hudson.

Renfrew, C. (1987). Archaeology and Language. Cambridge, Cambridge University Press.

Chang, W. et al. (2015). « Ancestry-constrained phylogenetic analysis supports the Indo-European steppe hypothesis ». Language, 91(1).

Heggarty, P. et al. (2023). « Language trees with sampled ancestors support a hybrid model ». Science, 381(6656).

Haak, W. et al. (2015). « Massive migration from the steppe ». Nature, 522.

◆ Lazaridis, I. et al. (2025). « The genetic origin of the Indo-Europeans ». Nature.

Meillet, A. (1903). Introduction à l'étude comparative des langues indo-européennes. Paris.

Classification, familles, vitalité

Eberhard, D., Simons, G. & Fennig, C. (dir.). Ethnologue: Languages of the World, 29e éd. (2026). Dallas, SIL International.

Hammarström, H. et al. Glottolog (base en ligne).

Campbell, L. (1988). Recension de Greenberg, Language in the Americas. Language, 64(3).

Robbeets, M. et al. (2021). « Triangulation supports agricultural spread of the Transeurasian languages ». Nature, 599.

◆ Bromham, L. et al. (2022). « Global predictors of language endangerment and the future of linguistic diversity ». Nature Ecology & Evolution, 6(2).

Krauss, M. (1992). « The world's languages in crisis ». Language, 68(1).

Fishman, J. (1991). Reversing Language Shift. Clevedon, Multilingual Matters.

◆ Mufwene, S. (2001). The Ecology of Language Evolution. Cambridge, Cambridge University Press.

Mufwene, S. et Bowern, C. (2017). Échange sur la vitalité linguistique. Language, 93(4).

Histoire du français et lexicographie

◆ Rey, A. (dir.) (1992). Dictionnaire historique de la langue française. Paris, Le Robert.

Leclerc, J. « Les emprunts et la langue française », L'aménagement linguistique dans le monde, chap. 10, CEFAN, Université Laval. [source du relevé chiffré]

◆ Walter, H. (1988). Le français dans tous les sens. Paris, Robert Laffont.

Walter, H. (1997). L'aventure des mots français venus d'ailleurs. Paris, Robert Laffont.

Brunot, F. (1905-1953). Histoire de la langue française. Paris, Armand Colin.

Chaurand, J. (dir.) (1999). Nouvelle histoire de la langue française. Paris, Seuil.

Huchon, M. (2002). Histoire de la langue française. Paris, Le Livre de Poche.

Cerquiglini, B. (1991). La naissance du français. Paris, PUF, « Que sais-je ? ».

Lodge, R. A. (1993). French: From Dialect to Standard. Londres, Routledge.

Hagège, C. (2006). Combat pour le français. Paris, Odile Jacob.

Estienne, H. (1578). Deux dialogues du nouveau langage françois italianizé. [source primaire]

Écriture, alphabet, argot

Daniels, P. & Bright, W. (dir.) (1996). The World's Writing Systems. Oxford, Oxford University Press.

Calvet, L.-J. (1996). Histoire de l'écriture. Paris, Plon.

Février, J. (1948). Histoire de l'écriture. Paris, Payot.

Esnault, G. (1965). Dictionnaire historique des argots français. Paris, Larousse.

Guiraud, P. (1956). L'argot. Paris, PUF, « Que sais-je ? ».

Chéreau, O. (1628). Le Jargon ou Langage de l'Argot réformé. [source primaire]

Hugo, V. (1862). Les Misérables, IVe partie, livre VII, « L'argot ».

Français québécois

◆ Poirier, C. (dir.) (1998). Dictionnaire historique du français québécois. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval.

Mougeon, R. & Beniak, É. (dir.) (1994). Les origines du français québécois. Sainte-Foy, PUL.

Barbaud, P. (1984). Le choc des patois en Nouvelle-France. Sillery, PUQ. [thèse contestée]

Morin, Y.-C. (1996). « The origin and development of the pronunciation of French in Québec ». Odense University Press.

◆ Bouchard, C. (2002). La langue et le nombril. Une histoire sociolinguistique du Québec. Montréal, Fides.

Martel, P. & Cajolet-Laganière, H. (1996). Le français québécois. Usages, standard et aménagement. Québec, IQRC.

Meney, L. (2010). Main basse sur la langue. Montréal, Liber.

Desbiens, J.-P. (1960). Les insolences du Frère Untel. Montréal, Éditions de l'Homme. [source primaire]

Tremblay, M. (1968). Les Belles-Sœurs. Montréal, Leméac.

Tremblay, M. & Blondeau, H. (2016). « Le traditionnel et l'émergent ». Cahiers internationaux de sociolinguistique, 10.

Usito, dictionnaire du français en usage au Québec, Université de Sherbrooke. [en ligne]

Drapeau, L. (2011). Les langues autochtones du Québec : un patrimoine en danger. Québec, PUQ.

Commission de toponymie du Québec. Banque de noms de lieux du Québec. [en ligne]

Francophonie, créoles, anglais

◆ Organisation internationale de la Francophonie (2026). La langue française dans le monde, 6e éd. Observatoire de la langue française.

Calvet, L.-J. (1999). Pour une écologie des langues du monde. Paris, Plon.

◆ DeGraff, M. (2005). « Linguists' most dangerous myth: The fallacy of Creole Exceptionalism ». Language in Society, 34(4).

Chaudenson, R. (2003). La créolisation : théorie, applications, implications. Paris, L'Harmattan.

Bickerton, D. (1981). Roots of Language. Ann Arbor, Karoma.

Hazaël-Massieux, M.-C. (2011). Les créoles à base française. Paris, Ophrys.

Valdman, A. (2015). Haitian Creole: Structure, Variation, Status, Origin. Sheffield, Equinox.

◆ Crystal, D. (2003). English as a Global Language, 2e éd. Cambridge, Cambridge University Press.

Ostler, N. (2005). Empires of the Word. Londres, HarperCollins.

Baugh, A. C. & Cable, T. (2012). A History of the English Language, 6e éd. Londres, Routledge.

Walter, H. (2001). Honni soit qui mal y pense. Paris, Robert Laffont.

Postface · Auto-évaluation du dossier entier

Ce que le dossier fait bien
Il refuse systématiquement le chiffre sans corpus, et cette discipline est tenue de bout en bout. Il signale ses incertitudes plutôt que de les lisser. Il a une architecture — six fils récurrents — qui n'était pas commandée et qui vaut mieux, pour préparer un cours, que la couverture linéaire des quinze points initiaux. Et il a dit non trois fois : sur les cinq exemples par langue autochtone, sur les cinq apports chinois, sur les listes toponymiques présentées comme établies. Ces refus sont, je crois, ce qu'il contient de plus utile.
Ce qu'il fait mal
La fiabilité est très inégale d'une section à l'autre, et un lecteur pressé ne le verra pas. Les données de l'OIF sont sourcées au jour près ; les attributions étymologiques du tableau 7 reposent sur des sources tertiaires. Les deux se présentent avec la même assurance typographique, et c'est un défaut de conception que les avertissements en encadré ne corrigent qu'imparfaitement. Par ailleurs, la phonétique historique est absente : un dossier sur l'histoire d'une langue qui ne traite pas des lois d'évolution phonétique a un trou au centre.
Le biais que je n'ai pas réussi à corriger
Le dossier est écrit depuis le point de vue du français. C'était la commande, et c'est légitime. Mais cela produit deux effets que j'ai signalés sans les défaire : les langues autochtones y figurent surtout comme sources d'emprunt, et les créoles comme dépendances d'un superstrat — ce que DeGraff conteste précisément, dans un texte que je cite avec approbation tout en maintenant l'architecture qui lui donne tort. Une séance peut réparer cela en consacrant explicitement un moment à ces langues pour elles-mêmes. Le document, tel qu'il est, ne le fait pas.
Sur la méthode de travail
Les cinq livraisons n'ont pas la même densité de vérification. Les livraisons I, II et IV reposent sur des recherches ciblées et des sources primaires ou quasi primaires ; la III a exigé le plus d'efforts pour le résultat le moins ferme, parce que la lexicographie des emprunts autochtones est dispersée et que les références de première main — le Dictionnaire historique du français québécois, la base du TLFQ — ne m'étaient pas accessibles. C'est aussi la livraison la plus utile, ce qui n'est pas contradictoire : elle est celle où le travail consistait surtout à écarter ce qui circule.
Ce que je ferais différemment
J'aurais dû proposer l'architecture par fils dès le départ, plutôt que de suivre les quinze points et de découvrir les récurrences en chemin. Le dossier aurait été plus court, mieux articulé, et la livraison V n'aurait pas eu à reconstruire après coup une cohérence qui aurait pu être posée d'emblée. Cela dit, je ne suis pas certain que les fils auraient été visibles avant d'avoir écrit le reste — c'est peut-être le genre de structure qu'on ne trouve qu'en la cherchant trop tard.